Compte-rendu d’activités parlementaires

> CONSEIL DE l'EUROPE

Conseil de l’Europe – Commission Economique – Interventions

SESSION DE 2007
(Première partie)
COMPTE RENDU de la septième séance
2007-01-25 à 10:00:00
Débat d’urgence sur la liberté d’expression des journalistes
Intervention : M. HUNAULT (France)
M. HUNAULT
(France). – Je voudrais tout d’abord saluer l’initiative de notre assemblée, d’avoir inscrit à l’ordre du jour de la présente session, ce débat d’urgence consacré aux menaces contre la vie et la liberté d’expression des journalistes, après le meurtre du journaliste Hrant Dink, lâchement assassiné, le 19 janvier dernier à Istanbul, alors qu’il était rédacteur en chef de l’hebdomadaire «Agos». Je voudrais aussi saluer les rapporteurs.
Ce meurtre a suscité en Turquie, et à travers l’Europe et le Monde, une émotion considérable.
Nous savons quels étaient les combats de ce journaliste assassiné. Son nom s’ajoute à la trop longue liste des journalistes tués.
Comment ne pas penser, en cet instant, en l’associant dans un même et unanime hommage, à Anna Politkovskaïa lâchement assassinée à Moscou, il y a quelques semaines.
Ce débat est l’occasion de rendre hommage à tous les journalistes et à tous les médias qui concourent à faire triompher l’État de droit et la démocratie.
Nous avons dans cette enceinte, conscience de l’Europe, où depuis tant d’années, fidèles aux idéaux de ses fondateurs, nous oeuvrons à faire triompher les droits de l’homme, la liberté, la démocratie, combien les journalistes, la liberté d’expression et d’information des médias, sont indispensables et sont des éléments fondateurs!
La liberté d’expression et d’information n’est pas négociable, elle est l’un des piliers de toute société démocratique et est garantie par l’article 10 de la Convention Européenne des Droits de l’Homme.
Les pouvoirs publics ne doivent en au aucun cas restreindre la liberté d’expression.
Dans de nombreux pays du conseil de l’Europe, trop de journalistes subissent des pressions, la censure, des menaces!
Nous devons dans cette assemblée, aujourd’hui, affirmer solennellement notre plus grande solidarité et défendre l’expression de la liberté par et pour tous les médias en Europe.
Notre Assemblée, depuis maintenant cinq ans a adopté plusieurs recommandations visant à assurer la liberté d’expression et d’information dans les médias, la liberté de la presse dans les zones de conflits, la liberté d’informer dans le respect des opinions et des croyances.
Trop de meurtres non élucidés de journalistes, d’agressions et de menaces, sont restés sans lendemain et sans réponse.
Je voudrais aussi féliciter, en cet instant, et exprimer ma solidarité envers les organisations internationales qui accomplissent un immense travail pour protéger les journalistes et la liberté d’expression en Europe.
Que ce soit *Reporter sans Frontières ou la Fédération Internationale des Journalistes, elles concourent toutes au respect du droit à la liberté d’expression, garantie par l’article 10 de la convention européenne des Droits de l’Homme!
Nous devons considérer que la liberté d’expression constitue une des libertés fondamentales les plus essentielles de toutes les sociétés démocratiques, et qu’elle est une condition sine qua non du progrès pour l’humanité et une source d’épanouissement pour la personne humaine.
La liberté d’expression concoure à dénoncer et à combattre toutes les violations commises contre les droits de l’homme, tous les excès auxquels peuvent se livrer certains pouvoirs.
Bien souvent cette liberté constitue le dernier rempart, au même titre que le droit, contre l’arbitraire, contre l’oubli.
Nous savons quels étaient les combats d’Anna Politkovsaïa et de Hrant Dink, nous savons quels étaient leurs combats et critiques. Alors nous devons appeler chaque Etat membre du Conseil de l’Europe à s’assurer du respect de la liberté d’expression et à assurer la sécurité de toutes les formes d’expression.
Ces assassinats de journalistes constituent un défi à notre capacité à combattre l’arbitraire, à promouvoir la primauté du droit, à renforcer la démocratie et la liberté !
Leur mort nous oblige : Nous tous ici présents, à travers ce débat, et notre réaction, nous sommes là pour prolonger l’idéal qui les animaient et qui nous rassemble tous.


SESSION DE 2006
(Quatrième partie)
COMPTE RENDU de la vingt-huitième séance
2006-10-04 à 15:00:00
L’OCDE et l’économie mondiale
L’OCDE et l’économie mondiale LE PRÉSIDENT. – La parole est à M. Hunault.
M. HUNAULT (France)
. – Monsieur le Président, dans le cadre de ce débat annuel devant votre Assemblée sur les activités de l’OCDE et l’économie mondiale, je tiens à saluer à mon tour, la qualité du rapport de M. Cosidó, les intervenants entendus au nom des différentes commissions et votre exposé M. le Secrétaire général.
Jamais l’économie mondiale n’a connu une croissance aussi soutenue qu’en 2005 et 2006 notamment en Asie. Certes, comme il est écrit dans le rapport, l’économie mondiale est confrontée aux défis de la hausse des prix de l’énergie, des déséquilibres commerciaux et budgétaires de certains pays. Plus grave encore que ces défis, l’économie mondiale est confrontée aux déséquilibres et à l’accroissement des disparités entre pays riches et pays pauvres. Nous avons obligation de lutter contre la pauvreté. Alors que le secteur financier réalise des profits record, que jamais il n’y a eu autant de disponibilités financières, les inégalités s’accroissent entre les pays riches et pays pauvres! Or, nous savons ici que l’économie mondiale ne peut s’exonérer de certaines préoccupations et exigences. La situation de misère, d’extrême pauvreté pour près de deux milliards d’êtres humains qui vivent avec moins de 1,5 dollar par jour, est une insulte à notre dignité humaine.
La misère est la cause première de l’immigration en provenance des pays pauvres. Aucun mur, aucune loi n’arrêtera l’immigration des populations en provenance des pays abandonnés qui réclament, à juste titre, leur part de dignité.
Dans ce débat, je voudrais mettre en relief des pistes pour conforter la croissance et l’économie mondiale vers une économie plus justement et mieux partagée. L’exigence d’une bonne gouvernance passe par la lutte contre toute forme de corruption et contre le blanchiment du produit de l’activité criminelle organisée. En effet, on sait qu’il existe une relation étroite entre le niveau de la pauvreté et celui de la corruption. Nous devons donc réagir et nous poser la question de la traçabilité des mouvements financiers dans le dessein de lutter contre la corruption qui sévit dans le domaine de l’aide accordée aux pays en voie de développement, trop souvent détournée de ses objectifs. Nous devons aussi veiller à orienter l’aide au développement vers l’éducation et la recherche, dans un monde où un enfant sur deux n’a pas accès à l’école! Nous devons aussi engager, comme vous l’avez suggéré M. le Secrétaire général, une action urgente pour l’accès à l’eau potable et aux richesses les plus essentielles dont sont privés tant d’êtres humains.
Se pose aussi la question de l’efficacité des institutions de coopération notamment financières. A l’exemple de la BEI et de la BERD, au nom de la commission économique de notre Assemblée, je suis chargé de rédiger un rapport sur l’opportunité de créer une nouvelle institution financière, la banque Euro-Méditerranée, qui serait orientée vers le développement durable, le financement d’infrastructures et l’éducation dans les pays de l’Euro-Méditerranée.
Les déséquilibres et la pauvreté entraîneront l’économie mondiale vers le chaos si nous ne réagissons pas. On sait que c’est sur le terrain de la pauvreté, des frustrations, de l’ignorance que prospèrent la haine, le terrorisme et les conflits.
Monsieur le Secrétaire général a parlé à juste titre des déséquilibres démographiques dans les pays développés, où la population vieillit. Au-delà de la problématique du financement des retraites, se posera la question du financement de la dépendance des personnes âgées et handicapées.
Devant cette Assemblée parlementaire qui a vocation à œuvrer pour la dignité de l’homme, qui se doit de contribuer à construire un monde de paix et de prospérité, nous devons, à l’occasion de ce débat sur l’économie du monde, comme nous l’avons fait en juin 2005 lorsque nous avons débattu des priorités du troisième millénaire, appeler à la construction d’un nouvel ordre économique mondial:mais aussi œuvrer à rendre plus efficace les institutions politiques, juridiques et financières existantes.
Monsieur le Secrétaire général, vous avez souhaité des suggestions. Il me semble que, face aux défis du XXIe siècle, au premier rang desquels se trouve la pauvreté, il faudra se poser la question de l’efficacité des institutions existantes. Ne faut-il pas en créer de nouvelles pour rendre plus prospère l’économie du monde au service de toutes les nations?


SESSION DE 2006
(Deuxième partie)
COMPTE RENDU de la quatorzième séance
2006-04-13 à 10:00:00
Suivi du Troisième Sommet : relations entre le Conseil de l’Europe et l’Union européenne
LE PRÉSIDENT (Traduction). – La parole est à M. Hunault.
M. HUNAULT (France) – Monsieur le Président, la promotion et la protection des droits de l’homme sont au cœur du mandat du Conseil de l’Europe. Nous avons assisté mardi dernier à l’éloge fait de notre institution par MM. Juncker et Barroso qui sont venus rendre hommage et témoignage de l’action de notre Assemblée en faveur de la protection des droits de l’homme. Aujourd’hui, on nous demande notre avis sur la création d’une Agence des droits fondamentaux.
Alors, je voudrais, à mon tour, exprimer mes réserves sur la création de cette agence. M. le Secrétaire Général Terry Davis nous a expliqué combien l’Assemblée manquait de moyens pour fonctionner. Le coût de cette agence va absorber 30 millions d’euros: il y a là une contradiction.
Je me souviens de cette réunion de la commission juridique, le 13 mars, à Paris, où le rapporteur, au nom du Parlement européen, est venu nous expliquer le pourquoi de cette agence. Nous avions l’impression qu’elle ne connaissait même pas l’existence du Conseil de l’Europe et notre rôle ici. Nous devons nous battre pour à la fois promouvoir l’action du Conseil de l’Europe et surtout intensifier notre mission au service des droits de l’homme.
Nous avons chaque année un rapport du Commissaire des droits de l’homme, nous avons eu ce matin à la commission juridique une audition de la présidente du Comité de la prévention de la torture. Nous avons tous les instruments pour veiller à la protection des droits de l’homme.
Plus qu’une agence qui viendrait semer la confusion, nous devons demander à nos gouvernements de renforcer le rôle du Conseil de l’Europe. Nous sommes en quelque sorte la conscience de l’Europe. D’abord, par sa dimension géographique et de par le fait que nous garantissons l’État de droit dans un monde particulièrement dangereux et à un moment qui présente des défis énormes pour l’humanité tout entière. Nous devons être unanimes non seulement pour conforter le rôle et les missions de notre Assemblée mais pour être très réticents sur la création d’une agence dont on voit mal les contours et l’objet.
Je terminerai en soulignant que plus que la création d’une agence supplémentaire, nous devrions dans le cadre de cette architecture de l’Europe, dont on voit bien qu’elle est en mutation, veiller à ce que les travaux réalisés par cette Assemblée, que ce soient les conventions, les recommandations, soient suivis d’effet au sein même des États membres. Car trop de travail fait ici dans cette enceinte en faveur de la démocratie, en faveur de la garantie des droits de l’homme, reste trop souvent sans lendemain. Combien de recommandations ne sont-elles pas encore signées par les États membres de notre Assemblée?
Plus que la création d’un instrument nouveau, nous avons besoin de conforter l’institution qu’est le Conseil de l’Europe. En disant cela, je pense également aux organisations non gouvernementales, à cette somme d’associations de la société civile qui relaient la dimension des droits de l’homme et la dimension humaine au travers des États membres de notre institution. C’est pourquoi après l’éloge fait mardi dernier par les instances de l’Union européenne à notre institution, il faut être très vigilants pour ne pas créer la confusion et conforter notre mission. (Applaudissements)


SESSION DE 2006
(Deuxième partie)
COMPTE RENDU de la onzième séance
2006-04-10 à 15:00:00
Réinsertion sociale des détenus
LE PRÉSIDENT (Traduction). – La parole est à M. le rapporteur pour avis de la commission des questions juridiques et des droits de l’homme. M. HUNAULT (France), rapporteur pour avis. – Monsieur le Président, ce rapport sur la réinsertion sociale des détenus est à saluer, d’abord par sa qualité, le travail de son rapporteur, mais au-delà, par son opportunité.
Si la prison a vocation à sanctionner les auteurs de crimes et délits, à protéger la société contre la dangerosité de certains individus, pour autant rien ne justifie les traitements portant atteinte à la dignité des prisonniers. Or, dans la pratique, nous savons que la prison casse, brise l’individu incarcéré, en raison des conditions de détention. Elle brise aussi la vie des familles, des détenus, des conjoints, des amis et des enfants.
Les conditions de détention, comme l’a rappelé le rapporteur, ont une influence afin de prévenir la récidive. Elles sont essentielles pour la réintégration et la réhabilitation des prisonniers.
C’est dans ce contexte que le Conseil de l’Europe a un rôle essentiel à jouer. Toute cette matinée, nous avons entendu les hautes instances européennes affirmer le rôle de notre Assemblée pour défendre les valeurs essentielles des droits de l’homme, de la dignité humaine en toutes circonstances.
Ce rapport en témoigne car il traite de la réinsertion sociale des détenus dans les lieux privatifs de liberté. Le rapport est à replacer dans la tradition et le rôle du Conseil de l’Europe d’élaborer des normes juridiques contraignantes. Je rappellerai qu’à l’appui de ce rapport, notre Assemblée a adopté une recommandation sur la situation des prisons en avril 2004, que la rédaction de la Convention pénitentiaire européenne est en cours de rédaction, que dernièrement notre Assemblée a appuyé la réactualisation des conditions pénitentiaires. Et je voudrais saluer le contrôle exercé tant par le Comité de Prévention de la Torture que par le Commissaire aux droits de l’homme.
Ce rapport sur la réhabilitation des prisonniers prend toute sa dimension dans l’élaboration de cet ensemble de règles. Il replace, comme une exigence, la réinsertion sociale des détenus. Celle-ci passe par l’accès à une formation, à du travail exercé dans des conditions de dignité. Dans certains pays de notre Assemblée, les détenus sont préparés à leur sortie. Ils reçoivent une formation, peuvent exercer un travail mais c’est trop souvent l’exception. Le rapport rappelle les principes et recommandations mais ne trouvera sa réelle crédibilité que si l’administration pénitentiaire des différents États a des moyens pour le mettre en œuvre.
Je salue à mon tour les pistes suggérées par votre rapporteur. Le travail et la formation en prison sont un enjeu de la dignité et visent à reconstruire la personne privée de liberté. C’est là aussi une condition pour lutter contre la récidive car on sait trop souvent que passer de nombreuses années en prison est un facteur de désocialisation.
Telles sont, Monsieur le Président, les observations que je pouvais faire au nom de la Commission des questions juridiques et des droits de l’Homme. (Applaudissements)


SESSION DE 2005
(Troisième partie)
COMPTE RENDU de la dix-septième séance
2005-06-20 à 15:00:00
Intervention sur la Tchéthénie
LA PRÉSIDENTE (Traduction). La parole est à M. Hunault.
M. HUNAULT (France). Madame la Présidente, je tiens à saluer le travail remarquable de nos deux rapporteurs, leur contribution essentielle pour atteindre les objectifs du Millénaire pour le développement, en matière de développement durable, de respect de l’environnement et de lutte contre la pauvreté.
Je veux aussi me réjouir du fait que notre Assemblée fasse une place de choix lors de cette session à ces sujets essentiels pour l’avenir de l’humanité. Les Objectifs du Millénaire pour le développement des Nations unies, que la communauté mondiale s’est fixés en 2000, sont l’expression de sa volonté de lutter contre la pauvreté. L’occasion nous est donnée de souligner le rôle et l’importance des institutions établies par les accords de Bretton Woods: le FMI et la Banque Mondiale.
Notre discussion se déroule seulement quelques jours après la décision historique prise par les pays les plus riches de la planète d’effacer la dette des pays les plus pauvres. Il s’agit là de l’aboutissement d’une prise de conscience, d’une mobilisation mondiale contre la pauvreté, pour laquelle s’est mobilisée l’opinion publique mais aussi la société civile et de nombreuses organisations non gouvernementales. La pauvreté massive dans un monde prospère est moralement inacceptable. Elle constitue une insulte à la dignité humaine.
Les Objectifs du sommet du Millénaire visent à lutter contre la pauvreté, à faire disparaître la faim, à garantir à tous une éducation, à réduire la mortalité infantile, à assurer la durabilité et l’accès des ressources environnementales, notamment à l’eau potable, dans une perspective de développement durable et respectueux de l’environnement. Les institutions créées à Bretton Woods réaffirment à travers les Objectifs du Millénaire pour le développement, les idéaux de leurs fondateurs. Il y a en effet urgence à lutter contre la pauvreté.
Au cours des années 90, le revenu par tête a diminué dans cinquante quatre pays en développement, en particulier en Afrique, en Europe orientale et en Asie centrale. L’aide publique au développement s’est élevée à 68,5 milliards de dollars, soit seulement 0,25 % du Produit Intérieur Brut. Nous savons qu’il manque cinquante milliards de dollars par an pour atteindre les Objectifs du Millénaire des Nations unies pour le développement. Il faut aussi préciser que 30 % de cette aide publique au développement sont, en fait, un allègement de la dette et non une contribution en capitaux. Ainsi, une bonne partie de ces mesures est décidée simplement parce qu’il n’y a plus de moyens de récupérer les sommes dues! Il faut donc, au delà de la récente décision d’effacer la dette des pays les plus pauvres, élargir la liste des États bénéficiaires de cet effacement car la dette prive les pays les plus pauvres des ressources nécessaires aux investissements dans les secteurs essentiels de l’éducation et de la santé. Notre Assemblée parlementaire est la plus vieille institution démocratique d’Europe et réunit la quasi totalité des États de l’Europe. Elle n’a cessé de concourir à la construction d’un monde où le respect des droits de l’homme et de la démocratie sont élevés au premier rang de l’organisation politique. Notre Assemblée, dans une économie mondialisée, doit jouer également un rôle essentiel dans la lutte contre la pauvreté, en faveur du développement des nations en veillant au respect des principes de bonne gouvernance. C’est au respect de cette exigence de la bonne gouvernance que l’on peut en effet espérer concrétiser les Objectifs du projet du Millénaire des Nations unies pour le développement. Chaque année dans cet hémicycle du Conseil de l’Europe, nous devrions instaurer un débat sur le thème de la lutte contre la pauvreté et de l’aide au développement.
Les Objectifs du Millénaire sont véritablement ambitieux, mais il faut les rapprocher d’un chiffre effrayant: pour la première fois en 2004, les sommes consacrées aux dépenses militaires ont dépassé le chiffre de 1000 milliards de dollars.
Les grandes qualités du projet Millénaire sont certainement l’ampleur de son ambition et l’approche multisectorielle adoptée et que nous voyons cet après midi lors de cette discussion.
Je souhaite que, à l’avenir nous soyons très vigilants sur l’utilisation de l’aide mondiale au développement, que nous veillons à la transparence, à la traçabilité des sommes consacrées à ces objectifs du développement afin que ce soit bien les populations qui soient les bénéficiaires de cette aide. L’aide doit être orientée vers l’éducation et vers l’accès aux ressources.
Chaque année l’organisation non gouvernementale Transparency International établit un classement des pays les plus corrompus: il y a en effet une corrélation entre les pays les moins développés et la corruption, là il n’existe pas d’Etat de droit, de système financier, de démocratie.
Notre Assemblée n’a cessé de promouvoir la démocratie, le respect des droits de l’homme. Aujourd’hui, et ce débat le démontre, elle apporte une contribution essentielle pour atteindre les objectifs qui nous rassemblent: la lutte contre la pauvreté, le respect de l’environnement. La concrétisation de ces objectifs permettra aussi d’assurer le respect de la dignité de tout être humain! Les orateurs qui se sont succédé avant moi dans ce débat ont mis en perspective l’enjeu de notre débat mais aussi nos responsabilités.
Je conclurai en souhaitant que l’ensemble de nos résolutions puissent contribuer à construire un monde meilleur pour des milliards d’êtres humains. (Applaudissements)


SESSION DE 2005
(Troisième partie)
COMPTE RENDU de la dix-septième séance
2005-06-20 à 15:00:00
Présentation du rapport relatif à l’Environnement et aux objectifs du millénaire pour le Développement
LA PRÉSIDENTE (Traduction). La parole est à M. Hunault.
M. HUNAULT (France). Madame la Présidente, je tiens à saluer le travail remarquable de nos deux rapporteurs, leur contribution essentielle pour atteindre les objectifs du Millénaire pour le développement, en matière de développement durable, de respect de l’environnement et de lutte contre la pauvreté.
Je veux aussi me réjouir du fait que notre Assemblée fasse une place de choix lors de cette session à ces sujets essentiels pour l’avenir de l’humanité. Les Objectifs du Millénaire pour le développement des Nations unies, que la communauté mondiale s’est fixés en 2000, sont l’expression de sa volonté de lutter contre la pauvreté. L’occasion nous est donnée de souligner le rôle et l’importance des institutions établies par les accords de Bretton Woods: le FMI et la Banque Mondiale.
Notre discussion se déroule seulement quelques jours après la décision historique prise par les pays les plus riches de la planète d’effacer la dette des pays les plus pauvres. Il s’agit là de l’aboutissement d’une prise de conscience, d’une mobilisation mondiale contre la pauvreté, pour laquelle s’est mobilisée l’opinion publique mais aussi la société civile et de nombreuses organisations non gouvernementales. La pauvreté massive dans un monde prospère est moralement inacceptable. Elle constitue une insulte à la dignité humaine.
Les Objectifs du sommet du Millénaire visent à lutter contre la pauvreté, à faire disparaître la faim, à garantir à tous une éducation, à réduire la mortalité infantile, à assurer la durabilité et l’accès des ressources environnementales, notamment à l’eau potable, dans une perspective de développement durable et respectueux de l’environnement. Les institutions créées à Bretton Woods réaffirment à travers les Objectifs du Millénaire pour le développement, les idéaux de leurs fondateurs. Il y a en effet urgence à lutter contre la pauvreté.
Au cours des années 90, le revenu par tête a diminué dans cinquante quatre pays en développement, en particulier en Afrique, en Europe orientale et en Asie centrale. L’aide publique au développement s’est élevée à 68,5 milliards de dollars, soit seulement 0,25 % du Produit Intérieur Brut. Nous savons qu’il manque cinquante milliards de dollars par an pour atteindre les Objectifs du Millénaire des Nations unies pour le développement. Il faut aussi préciser que 30 % de cette aide publique au développement sont, en fait, un allègement de la dette et non une contribution en capitaux. Ainsi, une bonne partie de ces mesures est décidée simplement parce qu’il n’y a plus de moyens de récupérer les sommes dues! Il faut donc, au delà de la récente décision d’effacer la dette des pays les plus pauvres, élargir la liste des États bénéficiaires de cet effacement car la dette prive les pays les plus pauvres des ressources nécessaires aux investissements dans les secteurs essentiels de l’éducation et de la santé.
Notre Assemblée parlementaire est la plus vieille institution démocratique d’Europe et réunit la quasi totalité des États de l’Europe. Elle n’a cessé de concourir à la construction d’un monde où le respect des droits de l’homme et de la démocratie sont élevés au premier rang de l’organisation politique. Notre Assemblée, dans une économie mondialisée, doit jouer également un rôle essentiel dans la lutte contre la pauvreté, en faveur du développement des nations en veillant au respect des principes de bonne gouvernance. C’est au respect de cette exigence de la bonne gouvernance que l’on peut en effet espérer concrétiser les Objectifs du projet du Millénaire des Nations unies pour le développement.
Chaque année dans cet hémicycle du Conseil de l’Europe, nous devrions instaurer un débat sur le thème de la lutte contre la pauvreté et de l’aide au développement.
Les Objectifs du Millénaire sont véritablement ambitieux, mais il faut les rapprocher d’un chiffre effrayant: pour la première fois en 2004, les sommes consacrées aux dépenses militaires ont dépassé le chiffre de 1000 milliards de dollars.
Les grandes qualités du projet Millénaire sont certainement l’ampleur de son ambition et l’approche multisectorielle adoptée et que nous voyons cet après midi lors de cette discussion.
Je souhaite que, à l’avenir nous soyons très vigilants sur l’utilisation de l’aide mondiale au développement, que nous veillons à la transparence, à la traçabilité des sommes consacrées à ces objectifs du développement afin que ce soit bien les populations qui soient les bénéficiaires de cette aide. L’aide doit être orientée vers l’éducation et vers l’accès aux ressources.
Chaque année l’organisation non gouvernementale Transparency International établit un classement des pays les plus corrompus: il y a en effet une corrélation entre les pays les moins développés et la corruption, là il n’existe pas d’Etat de droit, de système financier, de démocratie.
Notre Assemblée n’a cessé de promouvoir la démocratie, le respect des droits de l’homme. Aujourd’hui, et ce débat le démontre, elle apporte une contribution essentielle pour atteindre les objectifs qui nous rassemblent: la lutte contre la pauvreté, le respect de l’environnement. La concrétisation de ces objectifs permettra aussi d’assurer le respect de la dignité de tout être humain! Les orateurs qui se sont succédé avant moi dans ce débat ont mis en perspective l’enjeu de notre débat mais aussi nos responsabilités.
Je conclurai en souhaitant que l’ensemble de nos résolutions puissent contribuer à construire un monde meilleur pour des milliards d’êtres humains. (Applaudissements)


SESSION DE 2005
(Deuxième partie)
COMPTE RENDU de la quinzième séance de l'Assemblée Parlementaire du Conseil de l'Europe
2005-04-28 à 15:00:00
Traité constitutionnel européen
LE PRÉSIDENT. – La parole est à M. Hunault.
M. HUNAULT (France) – Monsieur le Président, je voudrais d’abord saluer l’initiative qui a permis de réserver une place, dans le calendrier de cette session, pour un débat d’actualité sur le Traité constitutionnel européen.
L’Europe s’est construite étape par étape depuis cinquante ans. Elle restera pour longtemps l’une des plus belles aventures de réconciliation et d’entente entre les peuples. Dans le respect des diversités, elle a su fédérer et unir les peuples, leur assurer la paix et la prospérité.
On a trop longtemps reproché à la construction de l’Europe sa technocratie, son manque de lisibilité, son manque de démocratie. La Constitution répond à ces défis: elle donne plus de place au Parlement européen, elle affirme le principe de subsidiarité et elle précise les compétences de l’Europe et des États.
Avant tout, cette Constitution rappelle les valeurs essentielles qui unissent les peuples européens. Dans un monde aussi incertain, où les défis de la paix, du respect des peuples, de la démocratie sont grands, l’Europe contribue à promouvoir cet idéal et ces valeurs.
L’Union européenne, et la Constitution le rappelle, offre à ses citoyens un espace de liberté, de sécurité et de justice, ainsi qu’un marché intérieur où la concurrence est libre. La Constitution contribue à atteindre ses objectifs. Elle réaffirme avec force notre combat contre l’exclusion sociale et les discriminations. Pour l’essentiel, elle réaffirme dans sa partie II la Charte des droits fondamentaux de l’Union, laquelle est certainement la plus belle déclaration des droits de l’homme. Cette Charte réaffirme la primauté des valeurs indivisibles et universelles de dignité humaine, de liberté, d’égalité et solidarité. La Charte repose sur le principe de la démocratie et le principe de l’état de droit. Elle place la personne au cœur de son action en instituant la citoyenneté de l’Union et en créant un espace de liberté, de sécurité et de justice.Cette Charte des droits fondamentaux fait état dans son préambule de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales, mais aussi des Chartes adoptées par le Conseil de l’Europe. Elle se fonde sur la jurisprudence de la Cour européenne des droits de l’homme.
Face aux défis du terrorisme et des financements occultes face à la menace des conflits, cette Constitution apporte les éléments d’une coopération efficace.
En matière de politique économique, la Constitution se fixe comme objectif de promouvoir un modèle social qui, rappelons le, est le plus solidaire du monde.
L’Europe, c’est aussi une société qui n’érige pas la compétitivité économique comme valeur unique. Depuis cinquante ans, l’Europe est une société de la connaissance et de la diversité culturelle. L’Europe est aussi l’espace au monde le plus sensibilisé à la question de l’environnement. Il faut donc aujourd’hui réaffirmer le rôle essentiel de la construction européenne.
Pour terminer, Monsieur le Président, j’émettrai le vœu que le débat sur la Constitution européenne soit une contribution efficace pour faire adopter cette Constitution, qui l’a déjà été par plusieurs États.
J’ai entendu tout à l’heure un certain nombre de réserves. Nous avons besoin d’une Constitution qui clarifie les rôles respectifs des différentes institutions. L’acquis, le travail et les valeurs du Conseil de l’Europe sont réaffirmés dans ce texte comme une déclaration qui donnera des droits fondamentaux à chacun des citoyens. Je forme le vœu que ce débat soit, notamment en France une contribution pour faire adopter cette Constitution.


SESSION DE 2005
(Première partie)
COMPTE RENDU de la septième séance
2005-01-27 à 15:00:00
Projets de convention sur le terrorisme
LE PRÉSIDENT (Interprétation) rappelle que l’ordre du jour appelle la discussion commune sur deux rapports sur le terrorisme, à la suite de deux demandes d’avis du Comité des Ministres.
M. Bartumeu Cassany présentera, tout d’abord, les rapports de la commission des questions juridiques et des droits de l’homme, portant respectivement sur le projet de convention relative au blanchiment, au financement du terrorisme, au dépistage, à la saisie et à la confiscation des produits du crime (document 10392) et sur le projet de convention pour la prévention du terrorisme (document 10423).
M. Cosidó présentera, ensuite, l’avis oral de la commission des questions économiques et du développement sur le premier projet de convention.
Enfin M. Mercan présentera l’avis de la commission des questions politiques sur le second projet de convention.
La liste des orateurs a été close à 12 heures. Treize orateurs se sont fait inscrire et vingt deux amendements ont été déposés au total sur les deux projets d’avis présentés par la commission des questions juridiques et des droits de l’homme.
Le Président rappelle que le temps de parole des orateurs est limité à quatre minutes et précise que l’Assemblée doit en avoir terminé avec l’examen de ces textes, votes inclus, à 19 heures, ce qui suppose l’interruption de la liste des orateurs vers 18 h 10 afin de pouvoir entendre les répliques des commissions et procéder aux votes nécessaires.
La parole est à M. le rapporteur de la commission des questions juridiques et des droits de l’homme.
M. BARTUMEU CASSANY (Principauté d’Andorre), rapporteur. – Je m’efforcerai de concentrer en un les deux exposés sur les projets de convention contre le blanchiment et contre le terrorisme.
Le projet de convention contre le blanchiment est, selon nous, une contribution importante, opportune et très utile aux efforts menés en Europe en ce domaine. Nous souscrivons donc à l’objectif recherché par les modifications substantielles apportées à la convention de 1990 sur le blanchiment.
Le blanchiment est doublement nuisible: il sape progressivement l’économie et la démocratie. Il est utile de le rappeler. Tel d’ailleurs le sens de l’amendement n° 3 dont nous discuterons tout à l’heure. Il faut parler de la fraude fiscale pratiquée à grande échelle, car elle est également liée à la criminalité économique. Les dramatiques résultats des actes terroristes nous rappellent aussi le lien existant entre certaines formes de blanchiment et le financement du terrorisme.
Il convient donc d’encourager le Comité des Ministres à redoubler d’efforts dans la mise en œuvre de la nouvelle convention. Toutefois, certaines dispositions, dans leur formulation actuelle, risquent d’entrer en conflit avec des droits fondamentaux ou d’ouvrir la voie à l’adoption de mesures qui auraient intéressé.
Notre commission tient donc à rappeler les obligations qui découlent de la Convention européenne des droits de l’homme et de ses Protocoles additionnels. Ainsi, le projet d’avis que nous présentons demande la modification de ces dispositions, de certaines de ces dispositions. Nous le faisons en suivant une seule ligne directrice: le principe fondamental de l’Etat de droit.
Ces modifications relèvent plus du domaine de la technique juridique que du domaine de l’activité politique stricto sensu. La question des mesures à prendre à l’encontre de biens liés à une activité criminelle, ainsi que la coopération internationale dans ce domaine, nécessitent, à notre avis, un équilibre délicat. Les autorités sont dans leur rôle en intervenant dans les transactions de biens en rapport ou provenant d’infractions criminelles graves. Mais ces interventions doivent être bien cadrées pour ne pas susciter des entorses au droit et à un procédé équitable ainsi qu’au droit au respect de ces biens, garantis respectivement par l’article 6 et l’article 1 de la convention européenne.
Faisons en sorte que la lutte de l’Europe contre la criminalité économique et le financement du terrorisme soit donc un progrès de l’Etat de droit et des libertés fondamentales.
En ce qui concerne la convention sur la prévention du terrorisme, rappelons que le terrorisme s’attaque aux valeurs fondamentales de la société et défie l’existence même de la démocratie.
Qu’il me soit permis à titre liminaire de présenter quelques réflexions.
Les terroristes sont étrangers à notre logique démocratique et parlementaire, par exemple aux débats qui traînent dans le seul dessein d’ajouter, de retirer ou d’amender un paragraphe, ils sont étrangers à la finesse avec laquelle l’on examine souvent dans toutes les traductions chaque proposition. Les terroristes, eux, utilisent toute leur haine, toute leur force, mais aussi toute notre faiblesse pour combattre et détruire la démocratie. Ils agissent, nous réagissons. Et c’est ainsi que s’écrit l’histoire.
Chaque fois que se produit un attentat, l’Europe fait preuve de sa supériorité morale. Mais il y a les victimes. Nous avons appris que le Comité directeur pour les droits de l’homme a récemment adopté un projet de ligne directrice sur le dédommagement et l’aide aux victimes des actes de terrorisme. Pourtant, il faut bien le constater, jusqu’à maintenant, l’Europe n’a pas été à la hauteur des circonstances. Les victimes du terrorisme ont besoin d’une reconnaissance politique et même d’un rôle institutionnel. On ne peut pas les tuer à nouveau par l’oubli.
Leur voix, leur vérité doivent être présentes là où sont prises les décisions pour combattre ceux qui ont fait de ces personnes, bien malgré elles, les protagonistes d’un drame. Nous faisons régulièrement la preuve de notre capacité à réagir face aux tragédies. Il est grand temps de montrer que nous sommes capables d’agir pour les éviter!
Il y a besoin de nouveaux instruments dans la lutte contre le terrorisme. N’avoir qu’une convention globale serait notre idéal; mais cela ne semble pas possible à l’heure actuelle, peut être pour des raisons politiques, voire pour des raisons techniques. Une convention de portée limitée, à l’instar de celle que prépare le Codexter, Comité d’Experts sur le Terrorisme, pourrait cependant être utile. Le projet de convention actuel rend possible la poursuite de crimes afférents au stade préparatoire des crimes de terrorisme, mais toute convention doit se conformer à certains principes: respect des droits de l’homme et de l’Etat de droit, actions précises pour préserver le principe de sécurité juridique, conformité aux principes et aux dispositions du droit international.
Il convient également de se référer à quelques considérations pratiques.
Le Codexter doit encore travailler avant d’adopter le projet de convention. Il n’est pas achevé. La signature de la convention sur le terrorisme est prévue pour le troisième Sommet en mai 2005. Nous ne devrions pas compliquer à souhait le travail du Codexter, tant il est vrai que cela pourrait mettre en péril la fin des travaux avant le Troisième Sommet et donc l’adoption de la convention.
Dans cet esprit, les amendements que je propose sont de deux sortes. Premièrement, ceux qui proposent des modifications, des additifs au texte, sont généralement destinés à renforcer le respect des droits de l’homme, mais aussi à préciser le texte. Deuxièmement, ceux qui proposent de supprimer des articles sont destinés à éviter des incompatibilités avec d’autres traités ou dispositions du droit international, ou encore à éliminer ce que nous considérons comme des manquements aux principes de sécurité juridique.
Plusieurs amendements ont été déposés au projet d’avis. Je veux bien, la commission aussi, en accepter quelques uns. Toutefois, pour certains, nous ne saurions les accepter sans faire entorse aux principes généraux déjà mentionnés sur la défense des droits de l’homme et de l’Etat de droit. (Applaudissements)
LE PRÉSIDENT (Traduction). – La parole est à M. Cosidó, pour présenter l’avis oral de la commission des questions économiques et du développement sur le premier projet de convention.
M. COSIDÓ (Espagne), rapporteur pour avis, (Interprétation) se déclare particulièrement honoré d’intervenir aujourd’hui, pour la première fois, devant l’Assemblée et ce, d’autant plus que ce rapport est tout à fait excellent.
En tant qu’Espagnol, M. Cosidó est particulièrement sensible à la question du terrorisme. L’histoire de son pays est endeuillée par des attentats tragiques, dont l’un des plus récents, à Madrid, a marqué cruellement les esprits. L’expérience acquise par l’Espagne au cours des dernières décennies l’a conduite à tirer des leçons sur la prévention du terrorisme. Tout d’abord, la lutte contre ce fléau, pour être efficace, doit intervenir dans un cadre international. C’est pourquoi on ne peut que se féliciter de ce projet de convention sur la prévention du terrorisme.
Ensuite, il faut combattre sur tous les fronts et avec tous les instruments de l’Etat de droit. Enfin, la prévention du terrorisme est directement liée à la lutte contre la drogue. En effet, il est prouvé que les terroristes tirent leurs ressources financières du trafic de stupéfiants. Les explosifs utilisés à Madrid avaient été payés par la drogue. Les difficultés sont grandes puisque, même avec peu de moyens, les terroristes arrivent à faire beaucoup de dégâts. En outre, leur but n’est pas de blanchir l’argent mais au contraire de le conserver par des voies occultes. Il faut enfin se garder, en voulant lutter contre le blanchiment de l’argent sale, de porter atteinte aux libertés économiques et aux droits des individus.
M. Cosidó insiste sur la nécessité d’anticiper les attentats terroristes au lieu de se borner à réagir. La commission des questions économiques et du développement s’intéresse, depuis le 11 septembre, à la lutte contre le terrorisme et a présenté un rapport sur ce thème, il y a deux ans, devant l’Assemblée. Elle remercie la commission des questions juridiques et des droits de l’homme d’avoir retenu ces deux amendements. (Applaudissements)
LE PRÉSIDENT (Traduction). – La parole est à M. Mercan, pour présenter l’avis de la commission des questions politiques sur le second projet de convention.
M. MERCAN (Turquie), rapporteur pour avis, (Interprétation) déclare que le Conseil de l’Europe, parce qu’il défend les droits de l’homme, cherche à protéger chaque individu dans le monde. Les victimes du terrorisme ont des droits et méritent d’être défendues, mais à aucun moment cela ne doit se faire au détriment des libertés individuelles. Il convient de trouver un équilibre entre les droits de chacun et les droits des victimes. C’est le sens des amendements qui ont été déposés par la commission des questions politiques. Le Conseil doit appuyer tous ceux qui, dans le monde, combattent le terrorisme de manière à prévenir ses effets dévastateurs. A plusieurs reprises, l’Assemblée s’est saisie de cette question dans le cadre de débats d’urgence.
Cet hémicycle est le seul qui protège aussi efficacement les droits de l’homme. L’amendement proposé par la commission des questions politiques renvoie à cet aspect du rapport par ailleurs excellent. (Applaudissements)
LE PRÉSIDENT (Interprétation) ouvre la discussion générale et donne la parole est à M. Kaufmann.
M. KAUFMANN (Suisse) (Interprétation) s’exprime au nom du Groupe libéral, démocrate et réformateur. Il est originaire d’un pays où la législation concernant le blanchiment de l’argent est particulièrement stricte. Ce qui est prévu dans cette convention a déjà été intégré dans la législation helvétique. L’orateur est membre du comité directeur d’une grande société qui contrôle les activités de blanchiment. Il a donc l’expérience nécessaire pour émettre quelques commentaires à propos du projet qui est présenté.
La convention devra s’appliquer pour toutes activités bancaires mais aussi pour toutes activités non bancaires. Cela nécessite du personnel qu’il faut former, ce qui a un certain coût. Il faut aussi que tous les pays soient partie prenante sinon le dispositif restera inefficace. Si le projet de convention défend une cause noble, il faut regretter que les problèmes concrets n’aient pas été réglés et notamment celui du respect du droit individuel.
L’orateur désire mettre l’accent sur les difficultés que l’on peut rencontrer concrètement. Après les attentats du 11 septembre, les Etats Unis ont fait circuler des listes de suspects. La Suisse a certes détecté certains comptes suspects mais n’a jamais reçu de preuve tangible quant à l’activité terroriste des titulaires de ces comptes. Sont ce dès lors de véritables terroristes ou de simples opposants à un régime qu’on essaie de poursuivre par ce biais? La Suisse dispose de mécanismes de contrôle très stricts qui lui permettent de détecter un certain nombre de transactions suspectes. On accuse de ce fait la Suisse d’être un paradis pour le blanchiment de l’argent alors que ce pays est simplement mieux équipé en matière de dépistage. Ceux qu’il faut condamner, ce sont les banquiers qui ont viré l’argent sale en Suisse. Leurs banques auraient dû se doter de meilleurs mécanismes de contrôle.
Le projet de convention ne règle pas ces différents problèmes. (Applaudissements)
M. Iwi?ski, Vice Président de l’Assemblée, prend place au fauteuil de la présidence.
LE PRÉSIDENT. – La parole est à M. Hunault.
M. HUNAULT (France). – Monsieur le Président, mes chers collègues, je voudrais d’abord saluer le remarquable travail de nos rapporteurs sur ces deux textes particulièrement importants que sont le projet de convention pour la prévention du terrorisme et le projet de convention relatif au blanchiment, au financement du terrorisme, au dépistage, à la saisie et à la confiscation des produits du crime.
Au cours de cette session, plus que jamais, le rôle de notre assemblée est apparu essentiel pour garantir les valeurs de la démocratie et du respect des Droits de l’homme, valeurs universelles que nous devons préserver.
C’est dans cette dimension que s’inscrit la discussion de ces deux conventions. En effet, en ce début de siècle, les menaces ont pour noms «terrorisme», «corruption», «blanchiment». Notre assemblée est parfaitement dans son rôle lorsqu’elle s’attache à les combattre et, surtout, à les prévenir.
Il convient néanmoins de s’attacher à concilier la lutte contre le terrorisme avec la lutte pour le respect des droits de l’homme les plus essentiels, car le but même des terroristes et des activités criminelles organisées, c’est de s’attaquer aux fondements, aux principes mêmes de nos organisations démocratiques. D’ailleurs, dans sa dernière session, le Conseil de l’Europe a adopté une convention intitulée “Lutte contre le terrorisme et respect des droits de l’homme”.
Le projet de convention que nous examinons cet après midi érige en infraction des agissements préparatoires aux actes terroristes et encourage la prévention. Cela doit être salué et encouragé, mais veillons qu’en toutes circonstances, les instruments dont nous nous dotons grâce à cette convention concilient lutte et prévention du terrorisme avec la dignité de l’homme, la préservation de la présomption d’innocence, le droit à la garde à vue et des instructions qui se déroulent dans la transparence et la dignité.
La lutte contre le terrorisme est un défi. Nous condamnons avec fermeté les actes terroristes. Mais nous devons, dans le même temps, rester fidèles aux principes juridiques dont le Conseil de l’Europe est le dernier rempart. Ainsi, veiller à ne pas autoriser l’extradition vers des pays qui n’ont pas aboli la peine de mort est pour nous une obligation.
Le nouvel instrument de coopération juridique est nécessaire. Prévenir le financement du terrorisme est une obligation. C’est dans cette perspective qu’il convenait d’actualiser la convention de 1990 contre le blanchiment, dont notre assemblée était à l’origine.
La lutte contre le blanchiment de l’activité criminelle organisée s’inscrit dans une longue marche vers l’éthique, pour une plus grande traçabilité des mouvements financiers. Cette convention vise à lutter contre le recyclage de l’argent d’activités criminelles organisées: argent de la drogue, filières de travail clandestin, filières d’immigration illégale, filières de prostitution. Cette activité criminelle représente près de 1 800 milliards de dollars par an, soit l’équivalent du produit d’un pays comme la France ou l’Angleterre.
Depuis la précédente convention du Conseil de l’Europe, la communauté internationale s’est dotée d’instruments nouveaux. Je pense notamment au GAFI. L’Union européenne s’apprête à publier une nouvelle directive. La convention dont nous discutons cet après midi s’inscrit dans cette perspective. La lutte contre le financement du terrorisme permettra d’assécher les sources de son financement.
Mais comment ne pas s’élever contre la réticence de certains Etats membres de notre assemblée qui, à ce jour, n’ont toujours pas ratifié la convention de 1990 ni les conventions pénales contre la corruption?
Avec l’adoption de ces deux conventions relatives à la lutte contre le terrorisme et à la lutte contre le blanchiment, le Conseil de l’Europe concourt à se doter des moyens juridiques à même de promouvoir la lutte pour un monde moins corrompu, plus proche des valeurs dont nous sommes les dépositaires. (Applaudissements)


SESSION DE 2004
(Deuxième partie)
COMPTE RENDU de la onzième séance
2004-04-27 à 15:00:00
Situation des prisons et maisons d'arrêt en Europe
LE PRÉSIDENT (Interprétation) indique que l'ordre du jour appelle la présentation et la discussion du rapport de M. Hunault, au nom de la commission des questions juridiques et des droits de l'homme (document. 10097), auquel il donne la parole.
M. HUNAULT (France). Monsieur le Président, préoccupés par la situation dans les prisons, à l'initiative de la commission des questions juridiques et des droits de l'homme de notre assemblée, nous sommes appelés cet après midi à discuter du projet d'élaboration d'une Convention pénitentiaire européenne.
Déjà, en 1995, l'Assemblée parlementaire a adopté une Recommandation relative aux conditions de détention dans les Etats membres du Conseil de l'Europe, dans laquelle elle se déclarait préoccupée par la forte augmentation de la population pénitentiaire en Europe et par la détérioration des conditions de détention.
Neuf années après, l'Assemblée constate avec inquiétude que la situation s'est aggravée, justifiant l'élaboration d?un cadre plus contraignant. En effet, les conditions de vie dans de nombreuses prisons et maisons d'arrêt sont devenues incompatibles avec le respect de la dignité de la personne humaine. Il convient donc aujourd'hui d'élaborer un cadre général s'imposant à tous les acteurs de la chaîne pénale, leur rappelant les droits et obligations des détenus rassemblés dans une Convention pénitentiaire européenne.
L'élaboration de cette Convention s'inscrit en complément des outils existants qu'il convient de rappeler et de saluer pour leurs travaux. Je citerai la Convention européenne pour la prévention de la torture et des peines ou traitements inhumains ou dégradants, le Comité de prévention de la torture, la Convention contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants des Nations Unies, la Convention européenne pour la surveillance des personnes condamnées.
Mais aujourd'hui, une nouvelle étape doit être franchie avec des propositions concrètes pour une nouvelle convention. C'est pourquoi l'Assemblée parlementaire propose le vote d'une Convention européenne pénitentiaire qui fixe des normes et des critères communs aux Etats membres du Conseil de l'Europe permettant d'harmoniser les peines, les conditions de détention et le contrôle pour leur application.
La philosophie générale de cette Convention est de doter l'Europe, dans le domaine judiciaire et pénitentiaire, d'un système de contrôle permettant de garantir une surveillance de l'ensemble des acteurs du système judiciaire pénal depuis le moment de la garde à vue et des conditions de détention avant et après jugement.
Je tiens à saluer le travail réalisé en liaison avec l'Union européenne et le Parlement européen pour élaborer cette Convention européenne. Je voudrais saluer tout particulièrement notre collègue Turco, et saluer aussi les différentes contributions de nos délégations parlementaires qui, à l'occasion de mes visites, m'ont aidé à élaborer le rapport et ce projet de convention ainsi que le président de la commission juridique et des droits de l'homme et l'ensemble des administrateurs.
Aujourd'hui, il convient de présenter les grandes lignes de cette convention. Je voudrais souligner les valeurs sur lesquelles nous avons voulu porter l'accent. L'élaboration de cette convention vise à assurer la dignité de la personne humaine, à préserver la présomption d?innocence avant le jugement, notamment dans les conditions de garde à vue, mais aussi une surveillance accrue et le contrôle de l'ensemble des lieux privatifs de liberté, à favoriser l'accès à l'avocat lors de la garde à vue, le droit et la garantie à un jugement équitable et à ne pas admettre les juridictions d'exception qui sont souvent la justification de procès bâclés et des atteintes à la dignité humaine. Enfin, pour des conditions de détention inspirées par la réinsertion des détenus, il faut faciliter les visites, les rapports avec les familles et la mise en place d'un contrôle permanent.
Dans leur ensemble, des recommandations prévues dans cette convention européenne traitent de toutes les étapes dès le moment de la privation de la liberté: de l'arrestation, aux conditions de détention provisoire et à l'après jugement. Elle tend à établir un cadre normatif qui soit une référence pour l'ensemble des législations des pays composant notre Assemblée parlementaire. L'affirmation de ces principes vise à concilier la nécessaire protection de la société face aux agissements criminels et délictuels et la nécessaire fermeté envers leurs auteurs tout en rappelant le sens de la peine qui ne doit pas s'accompagner de traitements dégradants portant atteinte à la dignité de la personne incarcérée.
L'adoption de ces principes, sous l'égide d'une Convention pénitentiaire du Conseil de l'Europe, devra s'accompagner et se traduire par des moyens budgétaires accrus pour moderniser et adapter les établissements pénitentiaires et orienter les détenus vers leur réinsertion.
L'abolition de la peine de mort sur l'ensemble de notre continent et l'allongement des peines posent des problèmes spécifiques. L'éloignement et l'isolement des détenus condamnés à de longues peines ne peuvent servir de prétexte à un recul du respect des droits les plus fondamentaux de la dignité de la personne.
Le suivi des prisonniers, l?ouverture à un meilleur accès des lieux privatifs de liberté aux organisations non gouvernementales semblent aussi le gage d'une application concrète de la convention que nous serons appelés à adopter tout à l'heure.
L'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe pourrait utilement débattre du respect de l'application de cette convention en donnant à sa commission des questions juridiques et des droits de l'homme des compétences élargies et des moyens de contrôle sur la situation des prisonniers.
Dans une démocratie et dans un contexte budgétaire et économique difficile, il n'est pas aisé de sensibiliser les pouvoirs publics à la situation dans les prisons, face à une opinion publique animée de sentiments de sévérité.
Pour autant, le respect de la dignité de la personne humaine ne doit pas s'arrêter aux portes des prisons. L'objet de cette convention pénitentiaire est d'établir un cadre qui s'applique à tous les pays membres de notre Assemblée et qui devra être ratifiée par les parlements nationaux.
Aujourd'hui, c'est un peu plus d'humanité que notre Assemblée fait entrer dans tous les lieux privatifs de liberté. (Applaudissements)

(…)

LE PRÉSIDENT (Interprétation) constate que la liste des orateurs est épuisée. Il appelle la réplique de la commission et donne la parole au rapporteur.
M. HUNAULT (France). Je tiens à remercier tous les orateurs qui sont tous intervenus dans le sens de cette charte et de la nécessité d'élaborer des règles communes.
Je reviens sur les interventions relatives à la situation des femmes en prison, notamment des mères de jeunes enfants. Il est vrai que les visites que j'ai effectuées au nom de votre assemblée, concernaient les situations les plus dramatiques. En tout cas, vous avez eu raison d'intervenir pour demander la modification des règlements afin d'éviter l'incarcération des femmes lorsqu'une solution alternative peut être trouvée. Si ce n'est pas possible, il conviendrait de trouver des lieux de détention appropriés car la séparation des mères et des jeunes enfants, notamment, de ceux qui sont nés en prison, soulève des problèmes très spécifiques.
Vous avez également eu raison d'appeler l'attention sur le cas des personnes qui séjournent dix, quinze ou vingt jours dans des centres de rétention administratifs. La convention a pour objectif de s'appliquer à l'ensemble des personnes privées de liberté. L'orateur de la délégation hongroise a souhaité des précisions, mais le sujet est bien vaste. L'idée consiste à élaborer sous l'égide de notre Assemblée parlementaire des normes et des règles qui s'appliquent à tous les détenus. Je me souviens, et je parle sous le contrôle du président de la commission juridique, que l'ensemble des collègues voulaient étendre cette convention à d'autres lieux où les personnes sont privées de liberté. Le fait d'avoir des règles applicables à tous les détenus me semblent déjà être un progrès.
Je conclurai sur la proposition de notre collègue turque, qui s'est exprimée en français. L'adoption d'une recommandation, a t elle dit, aurait permis d'accélérer les choses. L'essentiel est que notre Assemblée donne un signe et qu'elle soit vigilante quant au respect de normes qui ne sont plus respectées. Au delà du travail du comité de prévention de la torture, il convient de mettre un peu d'humanité en tous ces lieux qui en ont bien besoin. (Applaudissements)


SESSION DE 2002
(Première partie)
COMPTE RENDU de la sixième séance
2002-01-01 à 10:00:00
Lutte contre le terrorisme et respect des droits de l'homme
LE PRÉSIDENT (Interprétation) dit que l'ordre du jour appelle la présentation et la discussion du rapport de M. Hunault, au nom de la commission des questions juridiques et des droits de l'homme (document 9331) ainsi que de l'avis oral de M. Margelov, au nom de la commission des questions politiques, sur la lutte contre le terrorisme et le respect des droits de l'homme.
M. Walter Schwimmer, Secrétaire Général du Conseil de l'Europe, interviendra au cours de ce débat.
La liste des orateurs a été close hier à 19 heures; trente-deux orateurs se sont fait inscrire et cinq amendements ont été déposés.
Le Président rappelle que l'Assemblée a décidé de limiter le temps de parole des orateurs à quatre minutes tout au long de la journée.
Il donne la parole au rapporteur de la commission des questions juridiques et des droits de l'homme.
M. HUNAULT (France) rapporteur. ? Un peu plus de quatre mois, après les événements du 11 septembre, notre Assemblée a estimé nécessaire de faire le point sur les moyens utilisés pour combattre le terrorisme.
Dès le 26 septembre, quelques jours après les actes terroristes qui ont frappé l'Amérique, notre Assemblée avait adopté la Recommandation n° 1534 «sur les démocraties face au terrorisme.»
Notre Assemblée entend réaffirmer avec force que rien ne saurait justifier le recours à des actes terroristes. Nous refusons de voir dans ces événements du 11 septembre, les prémices d'un prétendu conflit de civilisations encore moins une guerre de religions.
Si la lutte contre le terrorisme doit être universelle et si les Nations unies demeurent l'enceinte qui doit rester garante des actions entreprises contre le terrorisme, le Conseil de l'Europe doit quant à lui être le c?ur de valeurs qui ne doivent en aucun cas être bafouées!
Pour mieux combattre le terrorisme, nous nous devons de nous interroger sur ses causes. Il nous faut aussi réfléchir aux moyens les plus appropriés de lutter contre lui en visant tant les causes que les effets, donc en privilégiant aussi la prévention.
Nous considérons que les meilleurs instruments pour réduire le soutien dont bénéficie aujourd'hui le terrorisme réside dans le développement du niveau d'éducation, l'accès à des conditions de vie décentes et le respect de la dignité humaine.
Ces attaques du 11 septembre ont montré clairement le vrai visage du terrorisme et la nécessité d'un nouveau type de réaction de la part de la communauté internationale. Le terrorisme constitue un problème international pour lequel des solutions doivent être trouvées sur la base d'une approche politique globale. La communauté mondiale doit montrer qu'elle ne capitulera pas devant le terrorisme et qu'elle défendra plus vigoureusement encore les valeurs démocratiques, l'état de droit, les droits de l'homme et les libertés fondamentales.
L'Assemblée du Conseil de l'Europe a maintes fois affirmé sa détermination à lutter contre le terrorisme, en mettant l'accent sur la nécessité de respecter les valeurs fondamentales du Conseil de l'Europe figurant en particulier dans la Convention européenne des Droits de l'Homme et ses protocoles additionnels, notamment le protocole n° 6 sur l'abolition de la peine de mort, car nous considérons que la lutte contre le terrorisme doit être menée dans le respect de la légalité et le respect des droits de l'homme.
Notre assemblée, qui s'est résolument prononcée contre la peine de mort et a réussi à faire de l'Europe un continent exempt de la peine de mort, n'admet aucune exception à ce principe. Dès lors, notre assemblée souhaite réaffirmer que ses Etats membres ne doivent pas non plus procéder à des extraditions exposant la personne concernée à des risques de mauvais traitements contraires à l'article 3 de la Convention européenne des Droits de l'Homme ou à un procès qui ne respecterait pas les principes fondamentaux d'un procès équitable.
Ainsi, dans le cadre de la lutte contre le terrorisme, les Etats membres ne doivent pas introduire de dérogation à la Convention européenne des Droits de l'Homme, c'est un point essentiel de ce rapport. Se pose le problème de la juridiction compétente pour statuer sur le sort des terroristes. L'Assemblée souhaite que les statuts de la Cour pénale internationale soient rapidement ratifiés et que sa compétence soit étendue au terrorisme.
Les événements du 11 septembre nous obligent aussi à accroître la coopération judiciaire entre les Etats membres du Conseil de l'Europe. Le mandat européen que mettra en place l'Union européenne doit être étendu à l'ensemble des Etats membres du Conseil.
Il faut aussi s'attaquer aux sources de financement du terrorisme. A cet effet, notre assemblée appelle les Etats membres du Conseil de l'Europe à ratifier sans délai la Convention internationale sur la répression du financement du terrorisme mais aussi la Convention relative au blanchiment, au dépistage, à la saisie et à la confiscation des produits du crime ainsi que toute une série de conventions rappelées dans le rapport.
La moralisation de la vie financière internationale est une obligation pressante, elle contribuera à lutter contre le financement du terrorisme. Je rappelle que la communauté internationale s'est dotée d'instruments nouveaux dans différentes enceintes: le Groupe d'action financière (GAFI) et le Forum de la stabilité financière.
Les attentats du 11 septembre obligent à donner une toute autre dimension à la lutte contre l'argent sale, d'autant plus que le financement du terrorisme fait aussi appel au «noircissement d'argent propre», c'est-à-dire le financement légal par des Etats, des banques des activités de réseaux terroristes. Il ne devrait plus être possible que des Etats membres du Conseil de l'Europe acceptent des centres off-shore, des paradis fiscaux ou sociétés écrans qui servent au blanchiment de l'argent d'organisations criminelles qui prospèrent grâce à la drogue. Afin de créer des réseaux de coopération entre unités d'intelligence financière, nous nous sommes interrogés également sur la nécessité d'un organisme international de veille pour lutter plus efficacement contre le financement du terrorisme.
Le terrorisme est un défi au monde et la lutte contre le terrorisme est un combat complexe. La nébuleuse terroriste est opaque et utilise les failles juridiques dans un monde de plus en plus globalisé. C'est pourquoi les pays du Conseil de l'Europe doivent s'attaquer non seulement au financement du terrorisme, à la lutte contre le blanchiment, mais aussi accélérer la coopération judiciaire pour créer un véritable espace judiciaire européen en accélérant la ratification au sein de leur législation interne des conventions énumérées dans ce rapport.
Mais, cette lutte est un devoir qui doit se faire dans le respect des valeurs fondamentales du Conseil de l'Europe. C'est un défi. Tel est le sens, monsieur le Président, du rapport qui est soumis ce matin à la discussion de l'Assemblée parlementaire.

(…)

LE PRÉSIDENT (Interprétation) appelle la réplique de la commission et donne la parole à M. le rapporteur de la commission des questions juridiques et des droits de l'homme.
M. HUNAULT (France). ? Monsieur le Président, dans le très peu de temps qui m'est donné pour répondre aux interventions des différents orateurs, je voudrais d'abord saluer leur qualité et l'unanimité qui s'est exprimée pour affirmer que la lutte contre le terrorisme était un véritable défi à l'humanité: il s'agit bien d'un problème d'une grande complexité, mais il nous faut préserver nos valeurs fondamentales, celles qui fondent le Conseil de l'Europe et que vient de rappeler M. le Secrétaire Général de notre assemblée en disant que combattre le terrorisme et respecter les droits de l'homme, c'est le même combat. Il ne faut pas admettre la moindre entorse aux principes de la Convention européenne des Droits de l'Homme rappelés par l'ensemble des orateurs.
Je voudrais revenir sur les causes. Mme Auken et Lord Judd ont eu raison de dire que la pauvreté était une des causes et qu'il fallait également défendre le droit à la vie, un droit essentiel. Beaucoup d'intervenants ont rappelé la nécessité de lutter contre le financement du terrorisme. A notre collègue polonais qui émettait des doutes sur l'intérêt de ce rapport et des conventions qui doivent être ratifiées, je répondrai que le financement du terrorisme est un aspect essentiel de la lutte.
Enfin, deux autres points ont retenu l'attention de plusieurs intervenants: le sort des prisonniers et la nécessité de mettre rapidement en vigueur la Cour pénale internationale et d'étendre sa compétence au terrorisme. Nous nous rejoignons sur le fait que, s'agissant des prisonniers qui vont être jugés, il ne faut admettre aucune dérogation aux principes essentiels de la Convention européenne des Droits de l'Homme.
Voilà, monsieur le Président, les quelques réflexions que m'ont inspirées les diverses interventions, qui, je crois, se rejoignent sur l'essentiel.


SESSION DE 2007
Quatrième partie
COMPTE RENDU Trente-sixième séance
2007-10-05 à 10:00:00
Le bilan et les perspectives de l'action du Commissaire aux Droits de l'Homme
LE PRÉSIDENT (Traduction). – La parole est à M. Hunault.

M. HUNAULT (France). – Monsieur le Président, je félicite à mon tour le rapporteur pour la qualité de son travail.
Je saisis aussi l’occasion de ce débat pour féliciter et encourager le Commissaire aux Droits de l’Homme. La discussion de ce matin a révélé que vous étiez à la tête d’une institution récente –moins de dix ans. Pourtant, je dois vous le dire, dans tous les pays du Conseil de l’Europe, en particulier en France, il n’y a pas de débat sur les libertés individuelles ou sur la situation dans les lieux privatifs de liberté sans qu’il soit fait référence aux prises de position du Commissaire aux Droits de l’Homme du Conseil de l’Europe.
Je mettrai l’accent sur plusieurs points. On a dit que vous deviez avoir les moyens de votre mission. Il est vrai que vous n’avez pas aujourd’hui les moyens humains et financiers nécessaires pour exercer votre mission. Mais, au-delà d’un souhait partagé par toutes les délégations, il conviendrait, me semble-t-il, d’assurer une plus grande coordination avec d’autres institutions qui veillent au respect des droits de l’homme.
Monsieur le Commissaire, je vous ai écouté avec attention. Vous avez vous-même porté l’accent sur deux points: le suivi de vos rapports et les relations qui peuvent exister avec les médiateurs.
Vous le savez, en France, nous débattons de la création d’une institution indépendante, un contrôleur général non seulement des prisons mais aussi tous les lieux privatifs de liberté, un peu sur le modèle qui est le vôtre. Ce type d’institution mériterait de trouver à vos côtés une nécessaire coordination. Vous avez une force d’expertise qui pourrait être déclinée au niveau de tous les Etats membres du Conseil de l’Europe.
J’insisterai également sur la coordination avec d’autres institutions: le Haut-Commissaire aux Droits de l’Homme des Nations Unies et le CPT qui fait un travail remarquable. Le défi de l’institution même du Conseil de l’Europe et de votre institution indépendante, c’est à la fois la lisibilité et la coordination avec un certain nombre d’institutions ayant pour finalité les droits de l’homme. Votre prédécesseur, M. Gil-Robles et vous-même avez su donner corps à la mission qui a été créée il y a une dizaine d’années. Le défi qui nous est communément lancé, c’est la lisibilité.
J’en viens à la seconde partie de mon propos: le suivi de vos recommandations. Il est certes indispensable d’aller sur place, mais il serait bon qu’à l’occasion de votre venue chaque année devant l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe, il y ait une sorte d’évaluation et un suivi de vos recommandations. Cela existe dans un certain nombre de domaines. Je pense notamment à la lutte contre le blanchiment et la corruption. Ainsi, le Gafi évalue chaque année au travers de listes mises à jour en fonction de critères les efforts accomplis par certains pays. En matière des droits de l’homme, on pourrait, en coordination avec ce qui se fait dans d’autres institutions, dont la vôtre, aboutir à une sorte, non de classement, mais d’évaluation afin de relever les efforts faits par les Etats.
Notre discussion de ce matin l’a montré – notre collègue d’Arménie a évoqué le conflit du Haut-Karabakh et le conflit avec l’Azerbaïdjan – ce genre de débat mérite mieux. Vous devez être là pour nous aider et évaluer les efforts.
Au travers de la commission des affaires juridiques et des droits de l’homme du Conseil de l’Europe, où nous sommes très vigilants sur le respect des normes éditées, je suis persuadé que certains de nos collègues sont prêts à agir à vos côtés lorsque des réactions se font jour après des événements aussi tragiques que des assassinats de journalistes ou d’élus qui travaillent au respect des droits de l’homme.
Monsieur le Commissaire, bravo pour votre mission, bravo à nouveau au rapporteur, mais sachez qu’au-delà des compliments et du renfort des membres de l’Assemblée, nous sommes à vos côtés pour mener à bien votre mission.


SESSION DE 2008
(Première partie)
COMPTE RENDU de la cinquième séance
2008-01-23 à 10:00:00
Liste noire du Conseil de sécurité des Nations Unies et de l’Union européenne
LE PRÉSIDENT. – La parole est à M. Hunault.

M. HUNAULT (France). – Monsieur le président, après beaucoup d’autres, je salue M. Dick Marty pour son remarquable travail. Nous débattons ce matin d’un sujet très important. Depuis le 11 septembre 2001, le terrorisme est un défi pour l’humanité entière. On sent clairement la volonté de l’opinion publique et des gouvernements de tout faire pour lutter efficacement contre le terrorisme. Mais, et je rejoins là le rapporteur que cette lutte doit être conduite dans le respect le plus élémentaire des droits dont nous sommes ici les dépositaires.

Au sein de l’Assemblée parlementaire, nous nous sommes penchés depuis six ans, par le biais de plusieurs rapports relatifs à la lutte contre le terrorisme et le respect des droits de l’homme, sur l’exigence de lutter avec efficacité, certes, contre le terrorisme mais dans le respect de la légalité. Le rapport sur les listes noires présenté ce matin par M. Marty est fondamental puisque, nous le voyons bien, sous prétexte de lutte contre le terrorisme, des organisations, des hommes et des femmes, voient non seulement leur réputation, mais encore leur liberté, mises en cause.

Ce rapport est une contribution importante. Il rappelle que notre assemblée est une institution essentielle pour veiller à ce que la lutte contre le terrorisme soit conduite dans le respect de la légalité et des principes dont nous sommes dépositaires. Je suggère toutefois à M. Marty que la sous-commission chargée de la lutte contre le terrorisme soit un instrument pour harmoniser dans la légalité la lutte contre le terrorisme à travers le monde. Il a mis en avant l’opposition entre l’organisation des Nations Unies et la Convention européenne des Droits de l’Homme. Tout le monde a le droit d’exercer des recours en cas d’inscription sur les listes noires. J’aurais donc souhaité que le débat soit élargi à la problématique du gel des avoirs puisqu’on sait très bien que la lutte contre le terrorisme englobe la lutte contre le financement du terrorisme. C’est un élément important puisque l’inscription sur la liste noire implique le gel des avoirs.

En conclusion, je saluerai l’excellent travail de notre collègue, son exigence de faire triompher, quelles que soient les difficultés, quels que soient la complexité et l’enjeu de la lutte contre le terrorisme, le respect des droits les plus fondamentaux, la liberté et les droits du recours. Ce rapport marque un pas essentiel vers le respect de cette exigence. Je tenais à l’en remercier. (Applaudissements)


SESSION DE 2009
Première
COMPTE RENDU Septième
2009-01-29 à 10:00:00
Conséquences de la crise financière mondiale (Débat selon la procédure d’urgence)
LA PRÉSIDENTE. – La parole est à M. Hunault.


M. HUNAULT (France). – Je veux à mon tour saluer l’excellent rapport de M. Sasi et évoquer plus particulièrement la sixième partie, intitulée Réforme de l’architecture financière internationale.

La crise financière qui nous frappe a mis en lumière les lacunes du système financier en matière de normes et de surveillance. Plus de 50 % des mouvements financiers transitent actuellement par des centres offshore et par les paradis fiscaux ; c’est dire la nécessité de lutter contre l’opacité du système financier international !

Le rapporteur a également eu raison de donner toute sa dimension humaine à cette crise financière dans les réponses que les différents États européens essaient d’apporter, de façon coordonnée, pour soutenir l’activité économique et atténuer les effets de la crise. Néanmoins, si l’on veut, à l’avenir, éviter une crise encore plus dure, notre Assemblée, souvent présentée comme la conscience de l’Europe, doit s’efforcer de promouvoir davantage de transparence et de traçabilité dans les mouvements financiers. Elle doit donc faire preuve d’une grande fermeté à l’égard de la lutte contre le recyclage des activités criminelles, le blanchiment de l’argent sale et la corruption. Je suis persuadé que c’est par le retour de la confiance que viendra l’exigence d’établir une nouvelle architecture financière internationale. (Applaudissements)


SESSION DE 2009
Deuxième partie
COMPTE RENDU douzième séance
2009-04-28 à 10:00:00
La situation des défenseurs des droits de l’homme dans les États membres du Conseil de l’Europe
LE PRÉSIDENT. – Monsieur le rapporteur, il vous restera six minutes pour répondre tout à l’heure aux orateurs.
Dans la discussion générale, la parole est à M. Hunault.

M. HUNAULT (France) – Au nom du Groupe GDE, je félicite M. Haibach pour son excellent rapport et je me réjouis que l’Assemblée ait ce débat en séance plénière, débat qui fait suite aux auditions d’ONG auxquelles a procédé la commission des questions juridiques et des droits de l’homme.

On ne dira jamais assez combien les défenseurs des droits de l’homme jouent un rôle essentiel dans l’instauration et le renforcement de l’État de droit. Le rapport a plusieurs mérites. D’abord, celui de montrer les difficultés auxquelles ces hommes et ces femmes se heurtent au quotidien. Ensuite, celui de proposer un certain nombre de mesures concrètes pour les soutenir et les protéger.

Avant d’évoquer ces mesures, je voudrais que nous ayons une pensée pour tous ceux, hommes ou femmes, qui ont été assassinés parce qu’ils défendaient les droits de l’homme. Nous avons tous le souvenir d’Anna Politkovskaya, assassinée à Moscou. Bien d’autres, hélas, ont trouvé la mort au bout de leur lutte, et parmi eux beaucoup de journalistes.

Le rapport propose - et c’est une piste qui est soutenue par le Comité des Ministres - de donner plus de pouvoirs au commissaire européen des droits de l’homme. Je suggère pour ma part qu’en vue de son audition annuelle dans cette enceinte, nous travaillions à des critères qui permettent d’évaluer objectivement la situation des droits de l’homme dans les 47 pays membres du Conseil de l’Europe. Nous devons pouvoir mesurer les atteintes faites à ces droits, notamment en ce qui concerne les minorités.

En 1998, l’Assemblée générale des Nations Unies avait reconnu le rôle crucial joué par les défenseurs des droits de l’homme. Je crois que nous avons intérêt à travailler de concert avec elle. Nous sommes ici unis par une certaine conception de notre rôle. Comme l’a dit M. Haibach, ce rapport ne doit pas rester qu’une déclaration mais doit au contraire appeler chacun d’entre nous à la vigilance pour dénoncer, partout où elles se produisent, les atteintes aux droits de l’homme et pour améliorer sans cesse les mécanismes de contrôle et de sanction.

J’adresse une nouvelle fois mes félicitations au rapporteur et aux membres de la commission. (Applaudissements)


SESSION DE 2009
Deuxième partie
COMPTE RENDU treizième séance
2009-04-28 à 15:00:00
Les femmes en prison
LE PRÉSIDENT (Interprétation). – La parole est à M. Hunault, au nom du groupe GDE.

M. HUNAULT (France) – Monsieur le Président, mes chers collègues, à mon tour, je voudrais féliciter les personnes qui sont à l’initiative du rapport et les féliciter pour la qualité de celui-ci.

Le rapport met l’accent sur la situation des femmes dans les prisons. Nous nous inscrivons dans le droit-fil du travail de l’Assemblée parlementaire. Vous m’aviez personnellement chargé en 2004 d’un rapport sur la situation des prisons et en 2006 notre Assemblée parlementaire avait travaillé sur un projet de recommandation pour une charte pénitentiaire européenne, qui a été à l’initiative de la refonte des règles pénitentiaires, et ce sous l’égide du Comité de prévention de la torture.

Le rapport qui nous est présenté porte l’accent sur la situation spécifique des femmes détenues. J’ai entendu les rapporteures pour avis qui ont cité plusieurs pays. L’ensemble des pays du Conseil de l’Europe connaît les mêmes problèmes : la population carcérale va en augmentant. Je souhaiterais que nous portions l’accent sur les mécanismes d’évaluation et de contrôle comme le fait déjà le Comité de prévention de la torture. Le Commissaire européen des droits de l’homme joue également un rôle spécifique.

L’incarcération des femmes pose des problèmes encore plus spécifiques, notamment pour les femmes qui ont des enfants en prison, car, à un moment donné, les détenues en sont séparées. Nous devons nous attacher aux conditions des mères, au devenir des enfants privés de leur maman, et réfléchir aux mesures alternatives à l’incarcération, qui pose des problèmes plus douloureux encore que l’incarcération des hommes. C’est pourquoi il nous appartient de tout faire pour promouvoir les mesures alternatives à l’incarcération.

Il faut nous référer aux meilleures expériences des États qui essayent de trouver les moyens de former les femmes privées de liberté afin de leur offrir toutes les chances de s’insérer dans la vie sociale et dans la vie active après avoir été incarcérées. Les efforts doivent porter sur la prévention, sur les modes alternatifs à l’incarcération, la formation étant le meilleur moyen de lutter contre la récidive.

Ce rapport, que le groupe GDE votera, doit être une étape nouvelle d’une longue sensibilisation. Le travail de l’Assemblée parlementaire n’entre pas en contradiction avec celui du CTP ou d’autres organismes et s’inscrit dans une longue démarche de sensibilisation pour promouvoir la dignité humaine de toute personne, quand bien même serait-elle privée de liberté. (Applaudissements)


SESSION DE 2009
Deuxième partie
COMPTE RENDU quinzième séance
2009-04-30 à 10:00:00
Rapport annuel d’activité 2008 du commissaire aux droits de l’homme du Conseil de l’Europe
LE PRÉSIDENT. – La parole est à M. Hunault.

M. HUNAULT (France). – Monsieur le commissaire, je vous félicite pour vos actions si précieuses pour la défense des droits de l’homme.

Vous avez visité de nombreux lieux d’emprisonnement, et notamment des prisons européennes : pensez-vous qu’il y ait une amélioration de l’état de ces prisons ou plutôt une aggravation ?

LE PRÉSIDENT. – La parole M. le commissaire des droits de l’homme.

M. HAMMARBERG (Interprétation). – Quelle question difficile ! Selon notre enquête, qui rejoint les conclusions de l’enquête du CPT relatives aux prisonniers, il est évident que nous rencontrons des problèmes dans la quasi-totalité des pays d’Europe.

Les normes ne sont pas totalement respectées, notamment en ce qui concerne l’assistance médicale aux prisonniers ; et lorsqu’il y a des séropositifs, les problèmes sont encore plus importants. Mais il faut bien comprendre qu’investir dans le système pénitentiaire n’est pas une priorité pour les gouvernements.

Cela dit, certains d’entre eux construisent des nouvelles prisons, ce qui est tout de même une bonne chose. En général, ils vendent des terrains à de entreprises privées, puis construisent d’autres bâtiments. Mais cette solution n’est pas suffisante. Il convient également de garantir, au sein des institutions pénitentiaires, de bonnes conditions de vie. J’ai entamé des pourparlers, en particulier avec le gouvernement français pour trouver des alternatives à l’emprisonnement, notamment pour les personnes qui ne représentent pas un danger pour la société et qui pourraient être consignées à résidence – ce qui, en outre, faciliterait leur réinsertion.

Le grand nombre des prisonniers s’explique par la récidive. Quoi qu’il en soit, les prisonniers ne sont pas préparés au retour à la vie normale, et sur ce point des améliorations doivent être apportées. J’espère que la crise économique actuelle ne signifiera pas un oubli de ce problème. Le résoudre contribuera aussi à éviter une augmentation de la criminalité.


SESSION DE 2009
(Quatrième partie)
COMPTE RENDU de la trente quatrième séance
2009-10-01 à 15:00:00
Avenir du Conseil de l’Europe
LE PRÉSIDENT (Interprétation). – La parole est à M. Hunault.

M. HUNAULT (France). – Je voudrais à mon tour féliciter le rapporteur, Jean-Claude Mignon, qui est également président de la délégation française, pour ce très important rapport sur l’avenir du Conseil de l’Europe, le jour même où nous célébrons le soixantième anniversaire de notre institution et après le discours du ministre français des Affaires européennes, Pierre Lellouche.

Je voudrais exprimer toute ma gratitude au rapporteur. Je crois que ce rapport est important puisqu’il rappelle ce que nous devons à notre noble Institution qui, au cours de ces soixante ans, a largement contribué à forger un espace de paix, de liberté, de démocratie sur le continent européen qui, je le rappelle, reste le seul continent qui, aujourd’hui, a aboli la peine de mort. L’exigence pour adhérer au Conseil de l’Europe, c’est l’Etat de droit ; c’est le respect de la démocratie ; c’est également le respect essentiel des valeurs qui nous unissent et essentiellement les Droits de l’Homme.

M. le rapporteur, vous avez voulu faire un rapport sans concession, rappelant les acquis mais aussi les interrogations qui pèsent sur notre Institution, notamment au regard de l’élargissement de l’Union européenne, car, comme cela a été dit par d’autres, la création de l’Agence européenne des droits fondamentaux à Vienne fait un peu double emploi avec notre Assemblée et ses pouvoirs.

Je crois que ce que nous devons à notre Assemblée, ce sont ses acquis. Je pense notamment à la Cour européenne des Droits de l’Homme, au rôle essentiel du Commissaire européen aux Droits de l’Homme et au travail du Comité de prévention de la torture. Notre Assemblée est non seulement la conscience de l’Europe mais aussi le dernier rempart, le dernier garant contre l’arbitraire. Il suffit de voir les demandes devant lesquelles croule la Cour européenne des Droits de l’Homme. Comme vous, je souhaite la ratification du Protocole 14 par la Russie mais je crois aussi que nous devons établir de nouvelles pistes pour le Conseil de l’Europe. Un des orateurs a parlé de la bonne gouvernance et de la lutte contre la corruption qui est un élément essentiel.

Permettez-moi d’aller vers d’autres pistes également : le dialogue interreligieux, le dialogue Nord-Sud et entre les deux rives de la Méditerranée. Il y a un projet euroméditerranéen. Dépositaire de certaines valeurs, le Conseil de l’Europe doit y prendre toute sa place. On parle beaucoup des Droits de l’Homme et de la démocratie mais le premier droit est le droit environnemental. Ce sont des pistes.

Le rapporteur a fait un rapport sans concession. Si le soixantième anniversaire du Conseil de l’Europe se déroule dans une atmosphère sans grand éclat, c’est peut-être parce que les acquis sont là : la liberté, la démocratie, le droit. Vous avez dit, monsieur le rapporteur, que c’était une chance de faire partie des délégations parlementaires du Conseil de l’Europe. Je dirai qu’au-delà d’une chance, c’est même un devoir, une exigence. Nous sommes les dépositaires de valeurs qui nous sont communes. Je crois qu’il faut être aujourd’hui extrêmement vigilant pour qu’elles triomphent de l’arbitraire et que nous les fassions vivre dans un monde de plus en plus incertain.

Je vous remercie de votre contribution, monsieur le rapporteur, et je suis sûr que vous ferez vivre ces valeurs.


SESSION DE 2010
Première partie
COMPTE RENDU sixième séance
2010-01-27 à 15:00:00
Liberté de religion et autres droits de l’homme des minorités non musulmanes en Turquie et de la minorité musulmane en Thrace
LE PRÉSIDENT (Interprétation). – L’ordre du jour appelle la présentation et la discussion du rapport de M. Hunault, au nom de la commission des questions juridiques et des droits de l’homme, sur « La liberté de religion et autres droits de l’homme des minorités non musulmanes en Turquie et de la minorité musulmane en Thrace (Grèce orientale) » (Doc. 11860).

Vingt-deux orateurs sont inscrits dans ce débat et quatorze amendements ont été déposés.

Monsieur le rapporteur, vous disposez d’un temps de parole total de treize minutes, que vous pouvez répartir à votre convenance entre la présentation de votre rapport et la réponse aux orateurs.

La parole est à M. le rapporteur de la commission des questions juridiques et des droits de l’homme.

M. HUNAULT (France), rapporteur de la commission des questions juridiques et des droits de l’homme. – Monsieur le Président, permettez-moi, avant d’en venir à la présentation de mon rapport, de vous renouveler mes félicitations pour votre élection à la présidence de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe.

Le 17 mars 2006, notre Assemblée décidait de renvoyer à la commission des questions juridiques et des droits de l’homme, pour rapport, les propositions de résolution relatives à la liberté de religion et autres droits de l’homme des minorités non musulmanes en Turquie, et à la situation difficile de la minorité musulmane turque en Thrace.

D’emblée, je souhaite souligner combien j’ai pu compter sur l’aide précieuse de mes collègues des délégations parlementaires grecque et turque, lors de mes visites sur place ; je tiens à leur exprimer toute ma gratitude.

La question de la liberté de religion et autres droits de l’homme des minorités non musulmanes en Turquie et de la minorité musulmane turque en Thrace a été traitée par la commission des questions juridiques et des droits de l’homme sous l’angle juridique découlant du traité de Lausanne.

Ce rapport est discuté dans un contexte général marqué par des tensions à travers toute l’Europe. Le Conseil de l’Europe a pour ambition d’agir pour le respect des idéaux démocratiques et des droits de l’homme. La question des religions et des minorités est devenue essentielle en ce début du XXIe siècle.

Le Conseil de l’Europe a vocation à promouvoir la connaissance, la compréhension des religions, afin de contribuer à une coexistence pacifique, notamment des trois religions monothéistes.

Les conflits armés, les attentats terroristes ont bien souvent dénaturé l’essence même de l’islam, entraînant la recrudescence des actes islamophobes. La lutte contre l’antisémitisme est plus que jamais d’actualité et les chrétiens, dans certaines régions des Etats membres du Conseil de l’Europe, sont parfois en danger.

Dans ce contexte, je souhaite que le rapport que j’ai l’honneur de présenter contribue à une meilleure compréhension de la situation des minorités religieuses dans ces deux grands pays que sont la Grèce et la Turquie. C’est dans le même esprit et animé de ces intentions que je me suis penché sur la situation des minorités religieuses en Grèce et en Turquie.

Dans ces pays de longue tradition religieuse et culturelle, présentés bien souvent, et à juste titre d’ailleurs, comme le berceau de la civilisation au bord de la Méditerranée, où l’on observe la coexistence des églises et des mosquées, trois religions monothéistes ont vocation à coexister dans un esprit de tolérance et de compréhension mutuelles qui, en ce début de siècle, est parfois mis à mal. C’est dans cette perspective que s’inscrit ce rapport : réaffirmer la primauté de la laïcité tout en prenant en compte la réalité des religions, dont la libre adhésion et la pratique ne doivent pas être entravées.

Il est impossible de traiter cette question sans se référer au contexte historique et au traité de Lausanne, signé le 24 juillet 1923, lequel accorde un certain nombre de droits aux minorités non musulmanes en Turquie. La Grèce accorde les mêmes droits à sa minorité musulmane. Le traité de Lausanne a vocation à garantir l’égalité de traitement entre les membres des minorités et les membres de la majorité. Plus précisément, l’article 45 accorde à la minorité musulmane se trouvant sur le territoire de la Grèce les mêmes droits qu’aux minorités non musulmanes en Turquie. C’est l’article essentiel dans les relations entre la Grèce et la Turquie en matière de protection des minorités.

Mais dans la réalité, la notion de réciprocité s’est faite souvent en termes négatifs.

Que dit le rapport ? Que la Grèce et la Turquie devraient traiter tous leurs citoyens sans discrimination, sans prendre en compte la façon dont l’Etat voisin pourrait traiter ses propres citoyens.

Votre rapporteur et la commission juridique se sont félicités qu’une prise de conscience de la part des autorités des deux pays contribue à apporter des réponses appropriées aux difficultés auxquelles doivent faire face les membres de ces minorités et les encourage à poursuivre leurs efforts en ce sens. Le rapport vise à ce que la Grèce et la Turquie prennent des mesures en faveur des membres de minorités religieuses en matière d’éducation et de droit à la propriété afin que les membres de ces minorités ne soient pas perçus comme des étrangers dans leur propre pays.

En ce début du XXIe siècle, le Conseil de l’Europe a vocation à promouvoir la tolérance mutuelle afin de contribuer à la coexistence pacifique des religions.

Le Conseil de l’Europe a déjà souligné que les croyances et les traditions religieuses sont une dimension à part entière de la culture et a reconnu que la connaissance des religions joue un rôle important dans le développement de la compréhension et du respect mutuels.

Le dialogue interculturel, y compris dans sa dimension interreligieuse, est aussi un moyen pour que la diversité des cultures européennes devienne une source d’enrichissement mutuel.

Le pluralisme, la tolérance et l’esprit d’ouverture sont les pierres angulaires de la diversité culturelle et religieuse.

La question des minorités religieuses en Grèce et en Turquie, en raison du poids de l’histoire, est empreinte d’une charge émotionnelle très grande. C’est un sujet très sensible que nous évoquons cet après-midi dans cet hémicycle.

L’un des objectifs premiers du rapport est que l’article 45 du traité de Lausanne évoquant la réciprocité ne soit plus interprété en termes négatifs. En outre, le recours récurrent des deux Etats au principe de réciprocité pour refuser la mise en œuvre des droits garantis à leurs minorités concernées par le Traité de Lausanne est anachronique et nuit à la cohésion nationale de chacun des pays.

Le rapport que j’ai l’honneur de présenter au nom de la commission des questions juridiques invite la Grèce et la Turquie à traiter tous leurs citoyens sans discrimination, sans prendre en compte la façon dont l’Etat voisin pourrait traiter ses propres citoyens.

La Grèce et la Turquie ont témoigné récemment d’une plus grande compréhension des spécificités inhérentes aux minorités qui font l’objet de cette résolution. On ne peut que se féliciter d’une certaine prise de conscience des autorités des deux pays qui ont apporté des témoignages de leurs engagements afin de trouver des réponses appropriées aux difficultés auxquelles doivent encore faire face les membres de ces minorités.

Des dispositions ont été prises de part et d’autre de la frontière en vue d’améliorer la situation des minorités. Je voudrais aussi évoquer la visite de l’ancien Premier ministre grec en Turquie en janvier 2008, sa rencontre avec son homologue turc, expression d’une volonté constructive et de respect mutuel.

Cependant, des questions restent en suspens et nécessitent que les deux Etas poursuivent leurs efforts qui ne sauraient aboutir sans dialogue ouvert et constructif avec les membres des minorités concernées.

Les mesures préconisées dans ce rapport visent à encourager les autorités des deux pays à tout mettre en œuvre afin de modifier la perception vis-à-vis des membres de ces minorités qui sont parfois perçus comme des étrangers dans leur propre pays. Or il est d’une importance capitale que les membres tant de la majorité que des minorités comprennent et ressentent que ces derniers sont des citoyens à part entière.

Le rapport que j’ai l’honneur de vous soumettre invite la Grèce et la Turquie à prendre certaines initiatives. Elles sont précisées dans mon rapport. Le temps qui m’est imparti ne me permet pas de les développer. Ces mesures concernent l’enseignement, le développement économique, la désignation des autorités religieuses, mais elles tendent surtout à soutenir durablement, y compris financièrement, les initiatives visant à une meilleure compréhension entre les membres des minorités, à une meilleure organisation des campagnes contre l’intolérance et le racisme. Elles insistent sur le fait que la diversité doit être perçue, non comme une menace, mais comme une source d’enrichissement.

Mon rapport s’arrête également sur des points spécifiques. Je pense au devenir de l’un des plus anciens monastères chrétiens du monde, le monastère syriaque orthodoxe du Mor Gabriel, du séminaire de Halki. Je ne peux, dans cet hémicycle à l’occasion de ce rapport, ne pas saluer la mémoire de Hrart Dink, assassiné il y a quelques années, ne pas évoquer le problème de la liberté de choix des muftis et bien d’autres problèmes qui sont traités en détail dans le rapport.

Mais, au-delà de ces difficultés, j’évoquerai pour terminer les raisons d’espérer car j’ai pu constater, lors de mes déplacements, que pouvaient parfois cohabiter dans une même ville église et mosquée. J’ai rencontré des jeunes qui étaient éduqués dans un esprit de tolérance, de connaissance et de compréhension mutuelle et qui refusaient de se laisser enfermer dans une quelconque appartenance religieuse. Ces jeunes – ils me l’ont dit – souhaitaient que « l’autre » soit reconnu pour ce qu’il est et non en fonction de son appartenance à une religion.

Je n’ignore pas les tensions, la situation qui existe et dont l’examen du rapport dans cet hémicycle doit tenir compte. Il y a un mois, des mots très durs ont été employés par le Patriarche en Turquie. Je ne peux pas ignorer non plus la montée des incompréhensions contre l’islam, ni l’exigence de promouvoir la laïcité dans l’organisation des pouvoirs publics et de l’administration d’Etat.

Mais le Conseil de l’Europe qui a célébré ses soixante ans doit pouvoir être l’un des lieux de dialogue fructueux et contribuer à une compréhension mutuelle, facteur de paix. C’est, monsieur le Président, l’une des ambitions de ce rapport.

(...)

LE PRÉSIDENT (Interprétation). – Nous devons à présent interrompre la liste des orateurs. Les orateurs inscrits qui, présents dans le débat, n’ont pu s’exprimer, peuvent déposer leur intervention au service de la séance pour publication au compte rendu.

J’appelle la réplique de la commission.

Monsieur le rapporteur, il vous reste une minute.

M. HUNAULT (France), rapporteur. – Je voudrais tout d’abord remercier pour leur soutien les orateurs qui sont intervenus dans le débat.

Mme Keleş a soulevé deux points très précis concernant les fondations et le statut juridique des terres en Thrace. Ce rapport a pour ambition d’être un travail équilibré, élaboré en coopération avec les différentes parties en Turquie et en Grèce. Notre objectif est d’améliorer la situation des minorités religieuses, à partir d’un constat sans concession mais avec la volonté d’apporter un progrès véritable aux populations. Appartenir à une minorité ne donne certes pas des droits supplémentaires, mais implique des droits égaux à ceux de la majorité. Le traité de Lausanne reste la référence principale en matière de droit.

Je vous demande, mes chers collègues, lors du vote des amendements, de veiller à préserver l’unité de ce texte et sa volonté de réconciliation. Rien ne serait pire que de créer des divisions supplémentaires. (Applaudissements).


SESSION DE 2010
(Deuxième partie)
COMPTE RENDU de la quinzième séance
2010-04-28 à 15:00:00
Rapport annuel d’activité 2009 du Commissaire aux droits de l’homme du Conseil de l’Europe
LE PRÉSIDENT* – La parole est à M. Hunault, au nom du Groupe démocrate européen.

M. HUNAULT (France) – Monsieur le Commissaire, au nom de mes collègues du Groupe démocrate européen, je voudrais vous encourager et vous féliciter pour votre rapport.

Vous écrivez : « le fossé entre les droits consacrés dans les instruments internationaux et la manière dont ces droits sont respectés n’a jamais été aussi grand ».

Comment peut-on être encore plus efficaces pour faire respecter les normes que nous bâtissons jour après jour dans cette Assemblée ?

LE PRÉSIDENT* – La parole est à M. le Commissaire aux droits de l’homme.

M. HAMMARBERG, Commissaire aux droits de l’homme * – Il s’agit là d’une vaste question ! Tout ce que vous faites ici tend à aller dans le sens de ce que nous souhaitons faire, comme ratifier la Convention des droits de l’homme, par exemple. Nous espérons créer une passerelle, une structure qui sera efficace. Malheureusement, il existe encore un fossé important entre la réalité et les grands engagements pris ici.

Je n’ai guère d’avis à donner, si ce n’est de poursuivre votre travail et de continuer à être vigilants.